Géorando en Ossau les 4 et 5 octobre 2025 conduite par Yves HERVOUET

Yves Hervouët, notre infatigable géologue des montagnes, a organisé ces deux jours de randonnées avec 23 randonneurs sur deux thèmes très différents, d’où le titre « De glace et de feu ».

Le 4 octobre c’était le thème « de glace » avec les 3 cordons morainiques, vestiges des derniers glaciers du plateau du Benou.

Moraine du plateau du Benou

D’où venait le glacier qui a laissé ses dépôts ? et quelle épaisseur avait -il ?

Les grosses pierres du Cromlech de lou Couraus situé à 970 m d’altitude vont nous y aider. Situées à 540 m au-dessus du fond de la vallée d’Ossau, les pierres du cromlech de lou Couraus sont des blocs erratiques transportés par le glacier. La nature de ces roches (grès conglomératiques du Permien du Haut Ossau, granodiorite des Eaux-Chaudes) fait qu’ils ne peuvent provenir que de la zone axiale des Pyrénées. Le glacier responsable des dépôts morainiques en venait, son épaisseur dépassait les 550 m. En envahissant les vallées adjacentes dont celle du Benou, il a laissé les trois cordons morainiques.

Panorama de la vallée d’Ossau

Le temps, initialement beau, s’est dégradé très brusquement vers 15 h et la découverte de la lherzolite du Turon de la Técouère, sous un temps plutôt sinistre nous a transportés dans le poème symphonique de Moussorgski « une nuit sur le mont chauve ».

Tout le groupe, une fois séché, s’est rassemblé au restaurant de l’Hôtel Bristol à Oloron pour un repas dans une ambiance très conviviale commençant comme il se doit par garbure à volonté.

Le 5 octobre c’était le thème « de feu » avec un départ de randonnée au parking du lac de Bious-Artigues au pied du Pic du Midi d’Ossau. Dans la montée en direction du refuge d’Ayous, plusieurs arrêts nous permettent de visualiser différentes roches d’origine volcanique : rhyolite avec structure en « pelure d’oignon »), ignimbrite et coulée andésitique basique prismée au lac de Roumassot puis sommet prismé de la coulée andésitique.

Ryolite à Bious Artigues

Au dernier arrêt, nous sommes à 1900 m, il fait 2 °C et nous sommes balayés par le vent et la pluie. Ce sera notre point extrême avec des nuages enveloppant la montagne au-dessus de 2000 m. Le paysage est bouché et le pic du Midi s’enveloppe complètement. C’est compromis pour la lecture de paysage… mais nous allons voir que ce n’est que partie remise.

Une fois descendus à 1700 m, le temps du pique-nique, la couverture de nuages se déchire quelque peu et le paysage peut être décrit même si nous ne verrons pas (ou si peu) le sommet du pic. Ci-après des images dégagées de nuages.

Géologie du Pic du Midi d’Ossau

Yves nous présente alors le décor dans son ensemble. À la fin de l’orogenèse varisque, une caldeira de 6 km de diamètre s’est mise en place au Permien entre – 280 et – 270 Ma avec son ring-dyke (filons cylindriques périphériques) et ses coulées de remplissage andésitiques recouvrant partiellement le dôme de rhyolite initial. Elle a été recouverte par les dépôts sédimentaires rouges de conglomérats, grès et argilites du Permien puis affectée de failles coulissantes senestres NNE-SSW décalant la partie ouest de la caldeira vers le sud. Les pistes commencent déjà à se brouiller.

200 Ma d’années plus tard, l’édifice va voir son organisation géométrique encore plus se brouiller lors de l’orogenèse pyrénéenne. Le ring dyke va se fragmenter et les fragments vont se chevaucher suivant des failles peu inclinées. Le sommet du Pic du Midi d’Ossau n’est pas le reste d’une cheminée volcanique mais bien le reste de la partie du ring-dyke nord-oriental venu chevaucher la partie méridionale. Les apparences sont trompeuses surtout que les autres éléments de la caldeira initiale donnent actuellement une allure générale de …. caldeira.

Un grand merci à Yves pour son organisation et sa pédagogie qui nous a donné à tous l’envie de refaire une Géorando à la découverte des paysages magnifiques des Pyrénées et à Thierry Lesur qui nous a trouvé un restaurant fort agréable.

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